Un logo n'est pas une image, c'est une famille de fichiers. Sans les bons, il sort flou sur une enseigne, terne à l'impression ou illisible dans un onglet de navigateur. Le fichier maître d'un logo est vectoriel (SVG, PDF, EPS ou AI) : il s'agrandit sans perte, de la carte de visite à la façade. Chaque couleur existe en plusieurs recettes : RVB pour les écrans, CMJN pour l’impression, souvent une référence Pantone. Un logo a besoin de déclinaisons : horizontale, verticale, symbole seul, versions pour fond clair et pour fond sombre. Pour Google, le favicon doit être carré, et de préférence plus grand que 48 × 48 pixels. Vectoriel ou pixels : la différence qui compte Une image matricielle (JPG, PNG, WebP) est une grille de pixels. Agrandie au-delà de sa taille d'origine, elle devient floue ou crénelée. Une image vectorielle (SVG, PDF, EPS, AI) décrit des formes par des points et des courbes : elle se redessine nette à n'importe quelle taille. Le fichier maître d'un logo doit donc toujours être vectoriel. C'est lui qu'on envoie à l'imprimeur, au fabricant d'enseigne, au brodeur ou au graveur. Un logo livré uniquement en JPG est un logo qu'il faudra redessiner le jour où il devra passer sur une façade ou sur un véhicule. Le test en dix secondes Ouvre le fichier et zoome à 800 %. Si les bords restent nets, il est vectoriel. S’ils se changent en marches d’escalier, c’est une image en pixels, et il te manque le fichier source. Un format par usage SVG : le format vectoriel du web. Léger et net sur tous les écrans, il s'intègre directement dans un site. PDF, EPS ou AI : les formats vectoriels de l'impression et des logiciels de création, ceux que demandent les imprimeurs. PNG à fond transparent : pour tous les usages où le vectoriel n'est pas accepté, comme les documents bureautiques, les présentations ou certaines plateformes. JPG : seulement quand un fond plein ne gêne pas, par exemple pour une photo de profil. Il ne gère pas la transparence. RVB, CMJN, Pantone : une couleur, trois recettes Un écran fabrique ses couleurs avec de la lumière rouge, verte et bleue : c'est le RVB (RGB en anglais), que le web note souvent en hexadécimal. Une imprimante les fabrique avec des encres cyan, magenta, jaune et noire : c'est le CMJN (CMYK). Les deux systèmes ne couvrent pas les mêmes couleurs, et certains rouges ou bleus très vifs à l'écran n'existent tout simplement pas en quadrichromie. Une charte sérieuse donne donc chaque couleur dans les deux systèmes, ajustés pour se ressembler le plus possible, et souvent une référence Pantone : une encre préparée d'avance, utilisée quand la couleur doit être rigoureusement la même d'un support à l'autre, sur un packaging, un textile ou un objet. Les déclinaisons dont tu auras besoin Un seul logo ne tient pas dans tous les espaces. Le même signe doit fonctionner en bandeau de site, en carré sur Instagram, en tout petit dans un onglet et en grand sur un camion. une version horizontale et une version verticale, ou empilée ; le symbole seul, pour les formats carrés et les très petites tailles ; une version pour fond clair, une pour fond sombre, et une version d’une seule couleur pour la gravure, le tampon ou le marquage ; les règles d'usage : l'espace à laisser libre autour du logo, sa taille minimale, et ce qu'il ne faut pas faire (le déformer, le recolorer, lui ajouter une ombre). Le logo échappe aux règles de contraste, pas à la lisibilité Les règles d'accessibilité du web (WCAG) demandent un contraste d'au moins 4,5:1 entre un texte et son fond, 3:1 pour un grand texte. Elles exemptent explicitement le texte qui fait partie d'un logo. Ce n'est pas une raison pour s'en passer : un logo qu'on ne distingue plus sur un fond sombre ne remplit plus sa fonction. Le favicon, le petit format qu’on oublie Le favicon est la petite icône qui s'affiche dans l'onglet du navigateur et à côté du nom de ton site dans les résultats de Google. Google demande qu'il soit carré, d'au moins 8 × 8 pixels, et recommande une taille supérieure à 48 × 48 pixels. Il accepte notamment les formats ICO, PNG, GIF et JPEG, et demande une adresse stable que ses robots peuvent consulter. Le logo complet n'y tient presque jamais. C'est le symbole seul, ou une initiale, qui doit y rester lisible. D'où l'intérêt d'avoir pensé ce symbole dès la création, plutôt que de rétrécir le logo entier jusqu'à ce qu'il ne ressemble plus à rien. Ce qu’il faut vérifier à la livraison Les fichiers sources vectoriels, avec un PDF ou un SVG qui s’ouvre sans le logiciel du designer. Chaque déclinaison en SVG, PDF et PNG transparent, en version claire, sombre et d’une seule couleur. Les couleurs en RVB, en hexadécimal et en CMJN, avec la référence Pantone si elle existe. Les polices utilisées et leurs licences : une police achetée par le designer pour son travail ne couvre pas forcément ton usage à toi. Un guide d'usage, même court, et un contrat qui te cède les droits d'exploitation du logo : c'est ce qui te permet de l'utiliser librement, de le faire évoluer et de le déposer comme marque, à l'OMPIC au Maroc ou à l'INPI en France.