Le 9:16 est devenu la langue commune des réseaux. Bien préparé, un même tournage nourrit trois plateformes ; mal préparé, il se fait couper par leurs interfaces. Le format commun est le 9:16, en 1080 × 1920 pixels : il remplit l'écran d'un téléphone tenu droit. Instagram recommande les Reels de 3 minutes au plus ; YouTube accepte des Shorts de 3 minutes depuis le 15 octobre 2024. Le bas, le côté droit et le haut de l'image sont couverts par l'interface : ni texte ni logo à ces endroits. Une vidéo doit se comprendre sans le son, et sa musique doit être autorisée pour un usage commercial. Le 9:16, format commun Reels, TikTok et Shorts partagent la même toile : une image verticale au rapport 9:16, soit 1080 pixels de large sur 1920 de haut. C'est le format qui remplit l'écran d'un téléphone tenu normalement, sans bandes noires ni recadrage. Les plateformes acceptent d'autres proportions, mais une vidéo moins haute que l'écran y paraît aussitôt plus petite, moins présente, au milieu de voisines qui l'occupent tout entier. Monter directement en 9:16 reste le choix le plus sûr. Tourner vertical, ou recadrer ensuite ? On peut filmer à l'horizontale et recadrer au montage, à condition de tourner en haute définition et de garder le sujet au centre : un cadre 9:16 taillé dans une image 16:9 ne garde qu'environ un tiers de sa largeur. Pour une publicité ou une vidéo importante, mieux vaut tourner directement à la verticale. Les durées, plateforme par plateforme Instagram Reels : jusqu'à 3 minutes. Au-delà, d'après Instagram, un reel n'est plus recommandé aux personnes qui ne suivent pas le compte. YouTube Shorts : jusqu'à 3 minutes depuis le 15 octobre 2024, pour les vidéos carrées ou verticales. TikTok : jusqu'à 10 minutes pour une vidéo filmée dans l'application, davantage pour une vidéo importée. Qu'une plateforme accepte trois minutes ne veut pas dire qu'il faut les remplir. La bonne durée est celle du message : une offre tient en quinze secondes, une démonstration ou un avant-après peut demander une minute. Tout plan qui ne dit plus rien est un plan que le spectateur passe. Les zones que l’interface recouvre Sur les trois plateformes, l'image n'est jamais vue seule : l'interface se pose par-dessus. En bas, le nom du compte, la légende, la musique et parfois un bouton d'action. Sur le côté droit, la colonne des mentions J'aime, des commentaires et des partages. En haut, les onglets et les commandes. Un titre posé en bas de l'image, ou un logo collé dans un coin, disparaît sous ces éléments. La règle pratique : garder texte, logo et sous-titres dans la partie centrale, en laissant libres une large bande en bas, une bande plus étroite en haut et une marge à droite. Meta publie dans son guide des publicités les marges exactes de ses formats verticaux ; on monte avec un gabarit qui les affiche. Tout se joue dans les premières secondes Une vidéo verticale se regarde dans un fil que l'on fait défiler. Si le début n'accroche pas, la suite n'est pas vue. On commence donc par ce qui intéresse : le résultat, le produit en action, la question que se pose le spectateur. Pas par le logo, ni par une introduction. un plan fort dès la première image, qui sert aussi de miniature ; un texte court à l'écran qui dit de quoi parle la vidéo ; un montage serré : un plan qui a tout dit est coupé ; une fin claire, qui dit quoi faire ensuite, à l’écrit comme à l’oral. Le son, les sous-titres et la musique Une vidéo doit se comprendre sans le son : on la regarde souvent là où on ne peut pas l'activer, dans les transports, au bureau, dans une salle d'attente. Les sous-titres ne sont donc pas un bonus, ils font partie du montage. Ils rendent aussi la vidéo accessible aux personnes sourdes et malentendantes. La musique demande plus de vigilance. Sur un compte professionnel, les plateformes limitent les morceaux disponibles, parce qu'une chanson du commerce utilisée pour promouvoir une marque pose une question de droits. TikTok réserve aux entreprises sa Commercial Music Library, et ses conditions précisent que ces morceaux ne valent que sur TikTok. Meta propose sa Sound Collection, une bibliothèque de musiques et de sons libres de droits. Une musique, une plateforme Un morceau choisi dans la bibliothèque d'une plateforme ne suit pas la vidéo sur les autres. Pour publier le même montage partout, on choisit une musique dont la licence couvre tous les usages prévus, ou on la fait composer. Un tournage, trois plateformes Écris un plan de tournage pensé en 9:16 : cadrages serrés, sujet au centre, textes prévus dans la zone libre. Tourne plusieurs débuts pour la même vidéo : on garde celui qui accroche le mieux. Monte une version maîtresse sans texte incrusté, puis une déclinaison par plateforme, avec ses textes, ses sous-titres et sa musique. Exporte en 1080 × 1920 et regarde chaque version sur un téléphone, interface comprise, avant de la publier. Publie chaque version depuis son fichier d'origine : une vidéo TikTok republiée telle quelle sur Instagram garde le filigrane de TikTok.